Douleurs neuropathiques et gonarthrose

douleurs neuropathiques et gonarthrose

La Présence de Douleurs Neuropathiques Influence t’elle la Réponse à l’Acide Hyaluronique des Patients Atteints de Gonarthrose ?

 

Résumé

 

Objectifs. Jusqu’à 50% des patients souffrant d’arthrose symptomatique du genou présentent des douleurs neuropathiques. Nous avons évalué l’impact des douleurs neuropathiques selon le score DN4 (Douleurs Neuropathiques 4 questions) sur la réponse aux injections intra-articulaires (IA) d’acide hyaluronique (AH) et les effets des injections d’AH sur les douleurs neuropathiques. Matériels et Méthodes. Nous avons effectué une analyse post hoc à partir d’un essai multicentrique, randomisé, en double aveugle et de non-infériorité, comparant l’efficacité de deux AH (HAPPYVISC® versus EUFLEXXA®) dans la gonarthrose symptomatique à 24 semaines. A la visite initiale de l’étude, les données démographiques, anthropométriques, radiologiques et les symptômes ont été collectées. L’effet symptomatique de l’AH a été évalué à l’aide d’une EVA de la douleur, de l’évaluation globale du patient (PGA), du score WOMAC, du score DN4, et de la réponse OMERACT-OARSI. Résultats. 187 patients ont été inclus. Les douleurs neuropathiques selon le score DN4 étaient présentes chez 20 patients (10,7 %) à la visite initiale. Les items positifs de DN4 les plus courants étaient des picotements (36,9 %) et une sensation de brûlure (36,4%). Les douleurs neuropathiques étaient associées au score WOMAC de la douleur (P = 0,02). La présence de douleurs neuropathiques à la visite initiale n’a pas eu d’effet sur l’amélioration symptomatique après les injections d’HA selon l’EVA de la Douleur (P = 0,71), le PGA (P = 050), le score WOMAC de la douleur (P = 0,89), le score WOMAC de la fonction (P = 0,52) et le nombre de répondeurs OMERACT-OARSI (P = 0,21). La prévalence de patients présentant des douleurs neuropathiques a diminué de 50 % (n = 10) à 24 semaines après les injections d’AH. Les items du DN4 les plus améliorés étaient les démangeaisons (90%), l’hypoesthésie à la piqûre (88%) et la sensation de brûlure (50%). Conclusion. Dans notre étude, les douleurs neuropathiques étaient associées à l’intensité de la douleur, mais n’ont pas influencé la réponse aux injections IA d’AH. En revanche, les injections d’AH ont réduit certaines douleurs neuropathiques, en particulier les démangeaisons, l’hypoesthésie à la piqûre et la sensation de brûlure.

 

Mots Clés

 

Douleurs neuropathiques, DN4, acide hyaluronique, gonarthrose