Le saule blanc, l’aspirine 100% naturelle

En phytothérapie, le saule blanc est surnommé l’aspirine végétale. Douleurs inflammatoires, fièvre, arthrose, cette plante médicinale aux vertus presque magiques, offrent aux consommateurs une alternative 100% naturelle à la pharmacopée traditionnelle.

Le saule blanc, un aspirine 100% naturel

Qu’est-ce que le saule blanc ?

Amateur des bords d’eau et des sols humides, le saule blanc est un arbre majestueux qui peut atteindre 25 mètres de hauteur. Variété des Salix dignement représentée par le saule pleureur, le saule blanc pousse en Europe, en Asie et en Amérique du nord depuis des millénaires. Si chaque composante de l’arbre a son intérêt, ses écorces retiennent plus particulièrement notre attention pour leurs vertus médicinales. Elles sont en effet riches en dérivés salicylés.

Il est intéressant de constater que les bienfaits du saule blanc sont prisés depuis 500 ans avant notre ère. En Chine il servait ainsi pour ses propriétés antipyrétiques et analgésiques.

Plus tard, le médecin botaniste grec Dioscoride préconise l’usage des « feuilles de saule, écrasées avec un peu de poivre et trempées dans du vin » pour soulager les douleurs lombaires.

Puis, progressivement, les usages courants du saule blanc se sont imposés pour soigner la fièvre, pour calmer la douleur, contrer les vomissements ou encore ralentir les excès de libido. Son champ d’action est vaste !

Il faut cependant attendre le 19ème siècle pour que la saliciline, principe actif du saule blanc soit isolé par le pharmacien français Leroux. Les professeurs et chimistes se sont ainsi succédé jusqu’à obtenir une forme stable d’acide salicylique à partir de l’écorce de saule blanc. En 1897 l’aspirine était née. Tombé dans l’oubli pendant quelques années, le saule a finalement été réhabilité en phytothérapie depuis le 20ème siècle.

On ne va pas se le cacher, l’aspirine de synthèse agit plus rapidement MAIS, et c’est important, l’effet de l’écorce de saule blanc est plus durable dans le temps et exempt ou presque d’effets secondaires.
La remarquable composition de la plante prodigue ses vertus au saule blanc. Parmi les composantes de l’écorce, on retrouve :

  • Des dérivés salicylés dont la saliciline principalement.
  • Des flavonoïdes (quercétol, lutéoline, isoquercitroside, glycosyl naringétol, isosalipurposide).
  • Des tanins catéchiques.
  • Des composés phénoliques (vimaline, syringoside, picéoside…).

 

À noter également que les feuilles de saule blanc sont riches en vitamine C.

Quels sont les bienfaits du saule blanc ?

Le saule blanc est un antalgique et un anti-inflammatoire notoire. Vous ne serez donc pas étonné(e) de constater que les vertus du saule blanc sont similaires ou presque à celles de l’aspirine. La plante peut ainsi soulager bien des maux.

  • Le saule blanc est efficace pour réduire les douleurs lombaires. Un usage déjà révélé par Dioscoride au 1er siècle, souvenez-vous ! Et les études sont formelles, l’extrait de saule est aussi utile qu’un traitement anti-inflammatoire pour soulager les patients.* **
  • Les vertus du saule blanc sont reconnues pour soulager les douleurs liées à l’arthrose. L’extrait de saule blanc est un traitement naturel contre l’arthrose, conclusions d’études successives menées en 1996***, en 2001**** et en 2008****. Avantage : les effets secondaires relevés sont quasi nuls.
  • Le saule blanc peut venir à bout des migraines, de la fièvre, des états fébriles et grippaux
  • Les bienfaits du saule blanc sur les règles douloureuses sont remarquables.
  • Le saule blanc est également proposé pour soulager les douleurs liées aux tendinites sans recourir à l’aspirine de synthèse.

 

Les autorités de santé favorables au saule blanc

Après des millénaires d’utilisation, les autorités de santé se positionnent favorablement quant au traitement naturel à base de saule blanc.

L’Agence Européenne du Médicament (EMA) affirme comme « cliniquement bien établi » l’utilisation de l’écorce de saule blanc dans « le traitement de courte durée des douleurs lombaires », et comme « traditionnel » son usage contre « les douleurs articulaires mineures, la fièvre liée au rhume et les maux de tête ».

La Commission E du ministère de la Santé allemand affirme l’utilisation du saule blanc comme traditionnelle dans les cas de « fièvre, de douleurs rhumatismales et de maux de tête. »

La Coopération Scientifique Européenne en Phytothérapie (ESCOP) affirme l’utilisation de l’écorce de saule blanc comme traditionnelle pour « soulager les douleurs lombaires et les douleurs articulaires mineures liées à l’arthrose. » Des reconnaissances qui parlent d’elles-mêmes.

Quels sont les effets indésirables du saule blanc ?

Les effets secondaires du saule blanc sont quasi inexistants. En cas de surdosage, des troubles digestifs (nausées et/ou diarrhées) peuvent être constatés.

Du fait de sa composition, le saule blanc est proscrit pour les personnes allergiques ou hyper sensibles à l’acide salicylique. Les patients souffrant de problèmes d’estomac type gastrite, reflux et ulcères doivent également l’éviter.

Absence d’études oblige, les femmes enceintes et allaitantes sont invitées à demander conseil à leur médecin avant de consommer du saule blanc.

Comment utiliser le saule blanc ? Posologie et dosage

En phytothérapie, l’écorce de saule blanc est traditionnellement utilisée en :

  • Décoction pour soigner les troubles digestifs : faites infuser entre 30 et 60 g d’écorces de saule blanc dans un litre d’eau bouillante. Infusez 10 minutes et buvez 3 tasses par jour, de préférence avant chaque repas.
  • Poudre pour une action astringente et tonique : versez entre 8 et 10 g de poudre d’écorces de saule dans une tisane et consommez avant chaque repas.
  • Infusion pour soulager les troubles digestifs : faites infuser entre 3 et 5 g de feuilles de saule blanc dans une tasse d’eau bouillante. Infusez 10 minutes et buvez 3 tasses par jour, de préférence avant chaque repas.
  • Compresse pour une action cicatrisante sur les plaies ou les ulcères : faites macérer 100 g d’écorces dans un litre d’eau pendant 15 minutes avant de faire bouillir pendant 10 minutes. Laissez encore infuser pendant 10 minutes avant d’imbiber une compresse et de l’appliquer sur la plaie.

 

Bon à savoir : l’EMA indique des limites de temps pour les traitements à base de saule blanc. Ainsi, il est recommandé de ne pas dépasser quatre semaines dans le cadre de douleurs articulaires, trois jours pour une fièvre ou un rhume et 24h pour des maux de tête.

Le saule blanc, un formidable ingrédient naturel pour soulager les maux du quotidien. Profitez-en !


Sources :

Saule blanc – Passeport Santé
Phytothérapie : saule blanc – Vidal
Saule blanc (Salix alba): bienfaits, vertus et posologie – Doctonat
Saule blanc – Santé Magazine
Le saule blanc, l’autre aspirine végétale ! – ConsoGlobe
Chrubasik S, Eisenberg E, et al. Treatment of low back pain exacerbations with willow bark extract: a randomized double-blind study.Am J Med 2000 Jul;109(1):9-14.
Chrubasik S, Kunzel O, et al. Treatment of low back pain with a herbal or synthetic anti-rheumatic: a randomized controlled study. Willow bark extract for low back pain. Rheumatology (Oxford). 2001 Dec;40(12):1388-93. Texte intégral : http://rheumatology.oxfordjournals.org
3. Mills SY, Jacoby RK, et al. Effect of a proprietary herbal medicine on the relief of chronic arthritic pain: a double-blind study.Br J Rheumatol 1996 Sep;35(9):874-8. Texte intégral : http://rheumatology.oxfordjournals.org</li>
Schmid B, Ludtke R, et al. Efficacy and tolerability of a standardized willow bark extract in patients with osteoarthritis: randomized placebo-controlled, double blind clinical trial.Phytother Res 2001 Jun;15(4):344-50.